Publié le

Interview de Zanov

Zanov en studio - 2014
Zanov en studio – 2014
Zanov en studio - 1979
Zanov en studio – 1979

[dropcap]B[/dropcap]onjour Pierre, tu es connu sous le nom de Zanov et tu as fait trois disques entre 1976 et 1982. Tu nous reviens après une absence de plus de trente ans avec un nouvel opus. Pourquoi une aussi longue pause ?

C’est une histoire étrange, j’avais deux vies. J’étais ingénieur en informatique chez Bull. Dans mon travail on m’appelait « Salka » mais dans le domaine musical
j’avais choisi de me faire appelé « Zanov », ce qui correspond à la seconde partie de mon nom. Après mûre réflexion, à cause de mes responsabilités chez Bull et de contraintes familiales, j’ai décidé d’arrêter la musique car je ne pouvais plus y consacrer le temps nécessaire pour faire les choses correctement. Je me faisais cependant la promesse de reprendre la musique quand j’en aurais la disponibilité. Il se trouve que maintenant je peux me consacrer totalement à la musique.

Ton nouveau disque « Virtual Future » se situe dans la lignée des précédents sur le plan musical comme sur celui du design sonore, quel est la genèse de ce disque alors ?
Après In Course of Time, j’avais commencé un nouveau concept, avec des paroles poétiques composées en même temps que la musique. Je voulais traiter la voixZANOV – The Final Cut au « vocodeur » et je travaillais en même temps sur un synthétiseur vidéo EMS. C’était un concept global. Seulement je n’ai jamais pu terminer le travail au niveau de la voix pour que cela soit à la fois musical et compréhensible. Ce projet s’appelait « Nous reprenons notre avenir ». J’ai toujours eu envie de le faire aboutir et cette année j’ai donc repris les parties musicales en oubliant le texte. Ainsi soixante-quinze pour cent du nouveau disque est issu de ces enregistrements réalisés avec le matériel de l’époque : Korg PS-3300, EMS VCS3, RMI Harmonic synthétiseur, ARP2600. Ayant vendu mon matériel en 1992, j’ai ajouté de nouvelles pistes avec un Arturia Origin que j’ai acquis récemment. Il me permet de sculpter mes sonorités comme avec mon ancien matériel, tout en gardant beaucoup de potentiomètres pour un accès direct et un contrôle des modulations en temps réel.

On peut dire que c’est un disque qui a été commencé en 1980 et qui a été terminé en 2014, trente-quatre ans après sa naissance ! Tu es très content de l’Arturia Origin ?
Oui, je suis satisfait mais ce n’est pas suffisant. Maintenant que Virtual Future est terminé, je vais pouvoir prendre du temps pour trouver d’autres instruments qui me conviennent. A la fin des années quatre-vingt, les synthés sont devenus des sortes de « boîtes à sons » avec un clavier devant. J’aime construire mes sons de A à Z et les faire évoluer, il me faut un accès pour cela et il faut aussi que je trouve des instruments qui me permettent de faire des concerts.

As tu essayé des synthétiseurs virtuels ?
[pullquote-left] »Ce qui m’intéresse c’est de faire vivre les sons. J’ai besoin d’avoir un accès rapide aux différents paramètres pour piloter les synthétiseurs. Je suis une sorte de « sculpteur sonore » »[/pullquote-left]Non, cela ne me convient pas parce que cela se manipule avec une souris et je ne peux pas travailler comme cela. Il me faut des boutons physiques à toucher, et il m’en faut beaucoup. Ce qui m’intéresse c’est de faire vivre les sons. J’ai besoin d’avoir un accès rapide aux différents paramètres pour piloter les synthétiseurs. Je suis une sorte de « sculpteur sonore ».

Tes musiques me suggèrent toujours un univers futuriste de science fiction, quels sont tes influences dans ce domaine ?
Sur le plan musical alors qu’on m’en prête beaucoup, je n’ai qu’une influence majeur : Tangerine Dream. J’ai commencé le piano à six ans avec un apprentissage classique mais à 17 ans j’étais un peu dégouté du piano, alors j’ai acheté une guitare. Je me sentais cependant très bridé au niveau du son et un jour de 1975 j’ai découvert en Angleterre les synthétiseurs, j’ai immédiatement acheté le VCS3 ! Pour ce qui est de la science-fiction, j’ai effectivement l’esprit très tourné vers le futur.

As tu une anecdote sur l’opportunité que tu as eue de signer ton premier disque chez Polydor ?
J’avais composé Green Ray uniquement au VCS3, sur un quatre pistes, et j’en avais fait des K7 que je donnais à des boutiques de musique. Un jour on m’a appelé.

Aura-t-on la chance d’avoir des ré-éditions en CD de tes trois premiers opus ?
C’est probable, entre autre au Pays Bas des discussions sont en cours.

Propos recueillis par Olivier Briand.

Zanov « Virtual Future », disponible sur PWM Distrib.

« Final cut »

Laisser un commentaire
WordPress spam bloqué par CleanTalk.