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Olivier Briand – L’interview

Rencontre avec Olivier Briand, qui revient sur le concert Space Fish de l’été 2010.

PWM : Olivier, tu as l’habitude d’enchaîner des projets musicaux très différents les uns des autres. Comment est-ce que tu situes les musiques jouées à Nantes, cet été, dans ton évolution artistique ?


OB : J’avais envie de faire un « show » avec des lasers. J’ai profité de cette énergie pour monter un spectacle multi-média. Les musiques que j’ai produites ont été composées en un mois. Je me suis laissé aller à faire des séquences en utilisant les synthés “hardwares” et des virtuels que j’affectionne, dans un état d’urgence propre à me booster pour composer avant de devoir déménager dans ma nouvelle maison.

PWM : On a découvert dans tes derniers CDR (Random Control et Crystal Tears) un Olivier Briand assez expérimental et avant-gardiste, voire électro acoustique. Les morceaux du DVD constituent-ils un retour à une musique électronique d’inspiration plus traditionnelle ou au contraire à une nouvelle prise de risques ?


OB : Je n’ai pas voulu prendre de risques, cela aurait été le cas si j’avais joué un peu de guitare « slide », comme dans Crystal Tears. J’ai essayé de faire un concert qui m’a permis de m’exprimer en improvisant ; ce que je préfère faire sur scène. J’aime jouer des chorus improvisés et le “risque” est suffisant pour moi. Quand au coté expérimental, il correspond à un feeling plus qu’à une stratégie.

Je n’ai jamais conçu de spectacle de musique électronique sans intégrer une dimension visuelle, cela va de pair pour moi

PWM : La soirée Space-Fish était agrémentée de projections et de jeux de lumière. C’est important, pour toi, cette dimension visuelle ?

OB : Je n’ai jamais conçu de spectacle de musique électronique sans intégrer une dimension visuelle, cela va de pair pour moi. Nous vivons dans la civilisation de l’image, et elle est souvent plus forte que celle du son. Voir un musicien avec toutes ses machines a peu d’intérêt. Proposer un « show » me semble indispensable. J’ai un faible pour les lasers que j’associe à ma passion pour l’astronomie et ses formidables images.

PWM : 

Quels sont tes projets à venir ?


OB : 2011 sera l’année de la réinstallation de mes studios d’enregistrement avec mes (trop !) nombreux instruments. Même si l’informatique permet maintenant de travailler sur des petites surfaces je veux continuer mon projet de monter un synthétiseur modulaire très complet. Je compte sortir Random Control, probablement chez Muséa, dans les mois qui viennent, et je pense faire un concert entièrement analogique à cette occasion. Ce qui n’exclue pas des collaborations et des shows avec des lasers.

PWM : Le concert Space-Fish pourrait-il être rejoué et dans quelles circonstances ?


OB : J’aimerais, pour une fois, tourner avec ce concept. Ca n’a pas souvent été le cas. J’ai virevolté sur beaucoup de projets très différents ces dernières années. En même temps, je suis toujours dans la création et je n’aime pas m’enfermer dans un schéma. Si ce concept est reproduit, je garderai les bases, mais toujours en renouvelant le contenu.

PWM : Quelles évolutions pourrait subir le concept Space Fish ?


OB : On peut en faire autre chose : garder le concept « aquatico-cosmique » ou bien n’en conserver que la dimension astronomique. Nous avons le choix et la matière.

PWM : Est-ce que le DVD est aussi une tentative de faire connaître ta musique autrement, pour palier aux difficultés du disque ?

OB : 

Le CD connait une crise majeure, en partie liée, à mon sens, au manque de créativité des labels qui ne prennent aucun risque. L’internet a changé le comportement des consommateurs ; tout devient gratuit : mp3 ou vidéo. Nous vivons dans un monde audio-visuel dans lequel l’audio est le parent pauvre. L’image a gagné, alors il faut offrir un DVD qui permet non seulement d’écouter la musique, mais aussi de la voir.

Extrait de l’interview menée par Bertrand Loreau à paraître dans le Minimag PWM

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