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Alpha Lyra – Interview

Rencontre avec Christian Piednoir, alias Alpha Lyra, au moment de la sortie de son troisième CD, le second volume de Music for the Stars.

PWM : Ton style évoque Brian Eno, l’école californienne et la Berlin school ; comment donnerais-tu envie à quelqu’un de découvrir ta musique ?

Alpha Lyra : Je considère ma musique comme très personnelle et pas forcement affiliée à tel ou tel courant. Elle est intimiste et invite au voyage entre la voûte céleste et les Océans. Quiconque apprécie la musique de Schulze, de Eno, de Roach, etc. ne peut pas être déçu par la musique d’Alpha Lyra. Il suffit de franchir le pas, et de ne pas se cantonner aux seuls grands noms de la musique électronique. Il y a tant de choses à découvrir.

PWM : Tu es photographe et journaliste animalier. Tu as sans doute appris à être patient et concentré, cela peut-il expliquer ton envie de produire une musique qui incite à une forme de contemplation ?

A.L : Je pense que oui. Je suis calme de nature, contemplatif devant un animal ou un paysage. Cela se ressent bien dans ma musique. J’aime faire durer les bons moments, que la vie se ralentisse, que chaque instant devienne volupté.

PWM : Est-ce qu’on peut établir un lien entre ta musique et ta pratique de l’art photographique ?

A.L : Oui, complètement. La composition graphique est, pour moi, identique à la composition musicale, d’autant que je travaille en MAO. On peut faire un parallèle entre ces deux modes d’expressions : modifier une lumière ou un timbre, créer une ambiance visuelle ou apporter des effets de pistes, déplacer un objet ou substituer un instrument à un autre. Chaque détail de la composition peut tout changer.

PWM : Tu as signé sur un label allemand, était-ce important, pour toi ?

A.L : Oui et c’est symbolique. Jamais un musicien électronique français n’avait signé sur un label allemand ! MellowJet est un label dirigé énergiquement par Bernd Scholl. Il m’a pris dans son « écurie », car il aime ma musique et il croit en Alpha Lyra.

PWM : Comment travailles-tu en général ? À partir de sons que tu programmes, de séquences, d’harmonies, de schémas réfléchis ?

A.L : C’est en « pianotant » avec un nouveau son que peut se dessiner la structure d’un morceau. Si les phrases musicales tiennent la route, j’enregistre. Ensuite, c’est un jeu de construction et de composition, à la manière d’un peintre devant son chevalet. Une touche de couleur, une séquence, puis une autre qui se juxtapose, une zone plus claire, etc. Ce sont des dizaines de détails qui font que le titre va tenir la route. Le schéma se précise au fur et à mesure.

PWM : Sais-tu, déjà, dans quelles directions tu vas t’engager après Music From The Stars ?

A.L : Je vais continuer mon petit chemin avec probablement d’autres volumes de Music for the stars. J’aimerais en faire une série, qu’elle devienne ma marque de fabrique ! Entre chaque volume, je pense intercaler d’autres projets, comme celui en gestation, inspiré de la musique d’Érik Satie.

Extrait de l’interview menée par Bertrand Loreau, publiée dans le MiniMag PWM

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